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De 45 milliards de dollars à la liquidation forcée : l'effondrement du fonds « Situational Awareness » en quelques jours
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De 45 milliards de dollars à la liquidation forcée : l'effondrement du fonds « Situational Awareness » en quelques jours

2026-08-02 3 min 73 vues

De 45 milliards de dollars à la liquidation forcée : l'effondrement du fonds « Situational Awareness » en quelques jours

Enquête spéciale — 2 août 2026

Dans l'un des effondrements les plus rapides et les plus violents de l'histoire moderne des hedge funds, « Situational Awareness » — le fonds dirigé par Leopold Aschenbrenner, 25 ans — est passé d'une success story aux allures de conte de fées, avec des actifs frôlant les 45 milliards de dollars, à une liquidation forcée intégrale de son portefeuille d'actions cotées, le tout en quelques semaines de juillet 2026. L'histoire réunit tous les ingrédients du drame financier classique : un jeune prodige, une thèse d'investissement audacieuse, des rendements extraordinaires, un levier excessif, puis une chute spectaculaire.

Qui est Leopold Aschenbrenner ?

Né en Allemagne de parents tous deux médecins, Aschenbrenner a montré très tôt un talent exceptionnel qui l'a conduit à sortir major de promotion de l'université Columbia en 2021, à seulement 19 ans, diplômé en économie et en mathématiques-statistiques.

Après ses études, il a brièvement travaillé pour un fonds philanthropique soutenu par Sam Bankman-Fried, le fondateur de la plateforme FTX aujourd'hui effondrée, avant de rejoindre l'équipe « Superalignment » d'OpenAI, dédiée à la sécurité des systèmes d'IA avancés.

Le tournant survient en juin 2024 : après son départ d'OpenAI, il publie un essai fleuve de 165 pages intitulé « Situational Awareness », prédisant une trajectoire rapide vers la superintelligence artificielle et des dépenses mondiales colossales en puces, centres de données et énergie. L'essai devient viral, une lecture quasi obligatoire dans la Silicon Valley, et confère à son auteur un statut de « prophète » dans les milieux de la tech et de la finance.

L'ascension fulgurante : 439 % de rendement en six mois

En juillet 2024, Aschenbrenner transforme sa thèse en un hedge fund portant le même nom que son essai — alors qu'il n'a aucune expérience préalable en gestion d'actifs. Le fonds lève initialement environ 1,5 milliard de dollars auprès d'investisseurs de premier plan de la tech.

La stratégie est claire et concentrée : acheter les sociétés fournissant l'infrastructure de l'IA (puces, mémoires, centres de données, énergie) comme SK Hynix et CoreWeave, et vendre à découvert les éditeurs de logiciels jugés les plus vulnérables à la disruption de l'IA.

Les résultats sont stupéfiants : fin juin 2026, le fonds affiche environ +439 % depuis le début de l'année, et ses actifs totaux gonflent jusqu'à près de 45 milliards de dollars, faisant d'Aschenbrenner l'un des noms les plus suivis de Wall Street.

Mais derrière ces chiffres se cache le facteur de risque fatal : un levier atteignant, selon les informations de presse, près de 400 % — le fonds contrôlait donc des positions représentant environ quatre fois son capital réel.

L'effondrement : deux semaines qui ont tout changé

En juillet 2026, le marché connaît un retournement historique du momentum qui frappe le fonds des deux côtés à la fois.

D'un côté, ses positions acheteuses sur les valeurs d'infrastructure IA chutent de 40 à 50 % sur le mois ; de l'autre, les valeurs logicielles qu'il vendait à découvert rebondissent fortement. Le levier massif transforme cette double perte en une cascade d'appels de marge.

La chronologie de l'effondrement est fulgurante :

  • 24 juillet : le fonds adresse une lettre à ses investisseurs pour les informer de lourdes pertes.
  • Les jours suivants : l'information fuite sur le marché, et ses principales positions perdent encore plus de 30 % en trois séances, d'autres traders se précipitant pour parier contre les positions connues du fonds.
  • 29 juillet : le Financial Times révèle la crise du fonds ; des informations indiquent qu'il travaille avec ses prime brokers — Bank of America, Goldman Sachs et JPMorgan — pour répondre aux appels de marge ou dénouer ses positions de manière ordonnée.
  • 30 juillet : le Wall Street Journal rapporte que Citadel, le fonds de Ken Griffin, a racheté l'essentiel du portefeuille d'actions en un seul bloc, avec décote.
  • 31 juillet : des sources confirment à CNBC que le fonds a vendu l'intégralité de son portefeuille d'actions cotées, ses actifs fondant de 45 milliards à environ 10 milliards de dollars.

Détail notable : un porte-parole du fonds a démenti les informations selon lesquelles sa participation dans la start-up d'IA Anthropic serait mise en vente pour lever des liquidités supplémentaires.

Ironie douloureuse : la liquidation forcée est intervenue la semaine même où devait se tenir le mariage d'Aschenbrenner.

Des répercussions sur l'ensemble du marché

Des ventes forcées d'une telle ampleur n'ont pas été sans conséquences. La liquidation explique en partie le comportement étrange des cours ces dernières semaines : des valeurs liées à l'IA montaient temporairement après de bons résultats, puis rechutaient sans catalyseur évident — la cause était la vente contrainte et continue du fonds.

Dès l'annonce de la fin de la liquidation le 31 juillet, nombre de ces mêmes actions, effondrées les semaines précédentes, ont bondi de 15 à 25 % en une seule séance. Certains analystes, dont Jim Cramer, y ont vu un « clearing event » — un événement de purge — pouvant marquer un plancher temporaire pour la correction des valeurs de l'IA.

Les leçons de l'histoire, réécrites une fois de plus

Les observateurs rangent cet effondrement aux côtés des plus célèbres désastres du levier de l'histoire financière : Long-Term Capital Management en 1998, Archegos en 2021, Amaranth en 2006. Le fil conducteur est toujours le même : une idée d'investissement pertinente, une période de rendements extraordinaires, puis l'hubris et un levier excessif qui emportent tout.

Fait notable, une grande partie de Wall Street n'a pas été surprise. D'anciens traders de banques d'investissement mondiales ont décrit l'explosion comme « une question de temps, pas de probabilité » au vu du levier utilisé, tandis que des critiques rappelaient qu'Aschenbrenner n'avait aucune expérience de gestion avant de lancer son fonds, le jugeant « plus chanceux que doué ».

D'autres répondent que sa thèse centrale — l'IA exigera des dépenses énormes en puces, mémoires, centres de données et énergie — reste largement partagée dans l'industrie technologique, et que le problème ne résidait pas dans l'idée mais dans son exécution.

Conclusion

L'histoire de « Situational Awareness » condense la plus vieille leçon des marchés : le levier est une arme à double tranchant qui amplifie gains et pertes, et avoir raison à long terme ne protège pas de la faillite à court terme lorsque les positions sont financées par un endettement excessif. Les questions restent ouvertes : cet effondrement marque-t-il la fin de la carrière d'investisseur d'Aschenbrenner, ou seulement le premier chapitre d'une histoire plus longue ? Et ce « clearing event » constituait-il un véritable plancher pour les valeurs de l'IA, ou une simple pause avant une correction plus profonde ? Les prochaines semaines le diront.


Sources